Le féminisme et le cerveau masculin

NEW-YORK – Les Américains de ma génération ont grandi en écoutant les chansons pour enfants de l'album "“Free to Be...You and Me", dans lequel Rosey Grier, un footballeur très célèbre, chante "It’s Alright to Cry” [Il n'y a pas de problème à pleurer]. Il signifiait aux filles qu'elles pouvaient être dures et aux garçons qu'ils pouvaient s'autoriser à ne pas l'être.

Pendant presque 40 ans, les critiques issues du féminisme occidental contre la répartition rigide et stéréotypée des rôles de l'homme et de la femme l'ont emporté. Cela a permis d'éroder et parfois d'éliminer les contraintes arbitraires qui transformaient des garçons paisibles en hommes agressifs et maintenaient des filles ambitieuses dans des emplois mal rétribués.

Aussi, les féministes n'ont généralement pas fait grand cas des éléments scientifiques qui remettaient en cause leurs critiques à l'égard des rôles masculin et féminin. Des arguments de nature biologique sur la différence des sexes ayant été avancés dans le passé pour justifier la domination des femmes, ces dernières sont réticentes à admettre quelque différence innée que ce soit, de crainte que cela ne soit utilisé pour justifier leur oppression. Mais au vu de découvertes scientifiques récentes, on peut se demander si la résistance des féministes à reconnaître la moindre différence innée entre les sexes n'a pas engendré de nouveaux préjugés.

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