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Le casse-tête monétaire de Trump

NEW YORK – La réponse du marché à la victoire de Donald Trump sur Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine fut d’emblée négative, et elle était prévisible. Mais dès le lendemain, cette orientation à la baisse s’inversait. 

Les rendements des actions et des obligations américaines sont remontés après que Trump a livré un discours de victoire où il semblait vouloir montrer une évolution vers le centre, attendue par les investisseurs dès la nomination du candidat par la convention républicaine, l’été dernier, et l’ouverture de la campagne présidentielle proprement dite, à la fin des primaires. Trump a donc promis, dans cette allocution, qu’il serait le président de tous les Américains ; il a rendu hommage à Hillary Clinton pour ses années passées au service de l’État ; et s’est engagé à mener une politique de relance budgétaire massive, de dépenses d’infrastructures et de réductions d’impôts pour les entreprises et les plus riches.

Les marchés accordent pour le moment à Trump le bénéfice du doute. Mais le regard des investisseurs se pose dès à présent sur ceux qu’il nomme dans son administration, et ils ne sont pas moins attentifs au tour que peut réellement prendre sa politique budgétaire et au cap qu’il entend donner à la politique monétaire.

Peut-être la politique monétaire est-elle l’objet de plus d’attention encore. Durant sa campagne, Trump s’en est pris à l’indépendance de la Réserve fédérale des États-Unis, et a couvert de critiques la présidente de la Fed, Janet Yellen. Mais Trump est un magnat de l’immobilier ; nous ne pouvons donc considérer d’emblée comme un faucon monétaire, l’homme d’affaires qui pourrait être une colombe inavouée. Sa rhétorique de campagne peut avoir été destinée à séduire une base républicaine volontiers hostile à la Fed et prompte à ne jurer que par l’or.