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Trump et son oligarchie extrémiste

WASHINGTON – Le président élu Donald Trump est en train de constituer un cabinet de riches, qui compte, dans sa configuration actuelle, cinq milliardaires et six multimillionnaires. C’est ce qu’on nomme une oligarchie : le pouvoir d’État confié à des gens dont la puissance économique privée est déjà considérable. Si l’on considère que les Républicains contrôlent aussi les deux chambres au Congrès – et procéderont bientôt à de nombreuses nominations dans l’appareil judiciaire –, on ne voit pour ainsi dire aucun contre-pouvoir conséquent susceptible de s’opposer à cet exécutif.

Bien souvent – et c’est aujourd’hui le cas aux États-Unis –, le premier mouvement face à un gouvernement comme celui-ci est d’espérer que ces riches individus parviendront à créer des emplois. S’ils sont eux-mêmes devenus riches, poursuit le raisonnement, ils pourront peut-être faire profiter le reste d’entre nous de leur expérience.

L’espoir ne meurt généralement qu’à la fin. Mais la politique économique prônée par la future administration n’incite guère à l’optimisme. Son principe générateur semble consister en un rejet de tout pragmatisme au profit d’une idéologie extrémiste et discréditée.

L’idée centrale des Trumponomics tient jusqu’à présent dans une baisse brutale et rapide des impôts. Mais Mick Mulvaney, le choix de Trump pour diriger l’OMB, le bureau de la Gestion et du Budget (Office of Management and Budget), est un partisan convaincu et bien connu de la rigueur budgétaire ; il lui sera difficile d’accepter des mesures qui augmenteront la dette nationale.