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L’Occident au bord du basculement

BERLIN – Cette année et l’an prochain, les électeurs de plusieurs grandes démocraties occidentales seront amenés à prendre des décisions susceptibles de transformer profondément l’Occident – et le reste du monde – tel que nous le connaissons depuis des décennies. De fait, certaines de ces décisions ont d’ores et déjà été prises, en premier lieu desquelles le vote britannique du mois de juin en faveur de la sortie de l’Union européenne.

Dans le même temps, il n’est pas impossible que Donald Trump aux États-Unis, et Marine Le Pen en France, remportent les élections présidentielles qui se tiendront prochainement dans leur pays respectif. Il y a un an à peine, annoncer la victoire de l’un ou de l’autre aurait été considéré comme absurde ; à l’heure actuelle, il convient de considérer de tels scénarios comme tout à fait envisageables.

Les plaques tectoniques du monde occidental ont en effet commencé à se mouvoir, avec pour conséquences potentielles plusieurs évolutions que les individus mettent trop de temps à réaliser. Au lendemain du référendum sur le Brexit au Royaume-Uni, nous sommes dorénavant avertis.

Le choix du Royaume-Uni a consisté en une décision de facto contre un ordre européen de paix basé sur l’intégration, la coopération, ainsi que sur une juridiction et un marché communs. Le Brexit est survenu en période de pression interne et externe croissante autour de cet ordre européen. Du point de vue interne, le nationalisme monte en puissance dans la quasi-totalité des États membres de l’UE ; sur le plan externe, la Russie entreprend une politique de grande puissance, et œuvre pour une « Union eurasienne » – euphémisme d’un renouveau de domination russe sur l’Europe de l’Est – en tant qu’alternative à l’UE.