L’obscurantisme d’aujourd’hui

Il n’y a pas si longtemps, on pouvait affirmer qu’au moins en Europe, il ne restait plus de tabous. Le processus qui a commencé au Siècle des lumières avait alors atteint le stade où « tout est permis ». Il n’y avait plus de limites apparentes, en particulier dans le domaine artistique, pour dénoncer ce qui, même une génération plus tôt, pouvait paraître très choquant.

Deux générations auparavant, la plupart des pays comptaient des censeurs qui ne s’efforçaient pas simplement d’empêcher les jeunes de voir certains films, mais interdisaient catégoriquement certains livres. Depuis les années 60, ce type de proscriptions a fléchi pour que le sexe, la violence et le blasphème – au sens large – soient finalement tolérés parmi les composants du monde éclairé.

N’existe-t-il véritablement plus aucune limite ? En dehors de l’Europe, la mentalité du « tout est permis » n’a jamais vraiment été acceptée. Et l’Europe a elle aussi des limites : l’historien David Irving est toujours en détention en Autriche pour avoir nier l’Holocauste. Il s’agit là, de toute évidence, d’un cas spécial. La négation d’une réalité incontestable peut être à l’origine de nouveaux crimes. Toutefois, la réponse à l’éternelle question : « qu’est-ce que la vérité ? » n’est pas toujours claire.

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