Jeff Bezos, CEO of Amazon, Larry Page, CEO of Alphabet Inc. (parent company of Google), Sheryl Sandberg, CEO of Facebook, Vice President-elect Mike Pence listen as President-elect Donald Trump speaks Drew Angerer/Getty Images

Faut-il exercer une réglementation plus contraignante sur les sociétés technologiques ?

WASHINGTON, DC – À la suite de paniques récentes sur des technologies de grande notoriété, comme cet accident qui a impliqué une voiture Uber sans chauffeur et l'accusation de mauvaise gestion des données personnelles par Facebook, une réglementation plus stricte de ce secteur d'activité (dans la lignée de celle du secteur financier), est devenue la question politique du jour. Les valeurs boursières des principales sociétés de technologie sont en baisse - ou peut-être en passe de devenir plus instables - au vu d'inquiétudes de ce genre.

La réglementation concernant les véhicules à moteur doit sans aucun doute faire l'objet d'un examen minutieux. Aux États-Unis, ces décisions sont prises en général au niveau étatique, même si l'office fédéral du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) a une très bonne réputation quant à ses enquêtes et si cet organisme a souvent fait avancer notre manière de penser les bonnes pratiques. Le NTSB enquête sur l'accident de Uber et a auparavant évalué une victime impliquant un véhicule Tesla.

Quant à Facebook, les informations parues dans la presse suggèrent que cette société a pu faire quelques erreurs monumentales. On espère que nous en apprendrons davantage au sujet des détails de sa prise de décision sur les données lorsque son PDG Mark Zuckerberg témoignera devant le Congrès, comme il a accepté de le faire.

Mais répondre par une réglementation plus stricte au niveau fédéral semble prématuré, même pour ces activités spécifiques, d'autant plus pour le secteur de technologie au sens large.

Les finances sont réglementées en raison de leurs principales retombées potentielles : les faillites bancaires peuvent nuire à l'économie tout entière. C'est pourquoi des filets de sécurité, comme l'assurance des dépôts, ont été mis en place. Mais l'existence de l'assurance des dépôts ouvre la voie à des abus, sous la forme de prises de risque excessives, car les dirigeants des banques sont augmentés si les choses se passent bien et les pertes potentielles sont imposées au fonds d'assurance. Prévenir les abus et encourager la prudence appropriée exige des règles et l'Organisme fédéral américain de garantie des dépôts bancaires est l'un des meilleurs exemples au monde en la matière.

Le monde de la technologie de pointe (matériel informatique, logiciel et services numériques) est très différent. Il y a une forte concurrence sur le matériel. Si une entreprise est en difficulté, elle ne met pas le système en péril. Naturellement certains décisionnaires aiment favoriser « les champions nationaux » vis-à-vis des concurrents internationaux. Mais ceci soulève des questions qui sont différentes du comportement de régulation.

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Amazon est une société puissante et en plein essor, comprenant des activités multiples - qui comptent à présent des épiceries et des services de livraison d'aliments frais. Mais il a pléthore de concurrents dans ce domaine et la réglementation existante (comme celle qui s'applique à la manipulation de la nourriture) semble suffisante.

D'autre entreprises numériques comme Google et Apple sont très fortes dans des activités spécifiques. Mais elles ne présentent pas le genre de comportement monopolistique de tarification qui déclenche des mesures anti-trust de la part des pouvoirs publics. Et il n'est pas clair qu'une autre sorte de réglementation soit utile aux consommateurs.

L'Union européenne envisage une réglementation plus stricte sur les sociétés numériques et plaide pour que davantage de précautions soient prises dans la manipulation des données personnelles. Mais l'UE semble avoir en grande partie raté le tournant numérique qui a commencé dans les années But1990 et elle n'est pas globalement à l'avant-garde rang de ce secteur actuellement. C'est pourquoi peu de gens aux États-Unis s'empressent de suivre son exemple.

Pour éviter toute méprise, soyons clair : tout ne va pas bien en ce qui concerne la politique publique des États-Unis dans ce domaine. En particulier, l'abrogation imminente de la règle de « la neutralité du Net » par la Federal Communications Commission (FCC) semble être une étape importante en vue de favoriser de gros opérateurs historiques, ce qui sera loin de faciliter la vie pour les start-ups numériques qui comptent se développer rapidement. Andy Lippman du laboratoire de médias du MIT a fait une très bonne explication en vidéo sur cette question, que les décisionnaires (et des électeurs) feraient bien de regarder.

Facebook ressemble actuellement à un cas d'espèce, dans le sens où l'effet de réseau signifie que des millions de gens resteront fidèles à ce service, indépendamment de la façon dont ils sont traités. Et il a pu y avoir eu un certain malentendu ou (prétendument) une mauvaise communication sur la manière dont leurs données personnelles sont traitées. Facebook fait face à une pression politique compréhensible visant à changer ses pratiques. Mais ce dont cette entreprise a vraiment besoin, c'est de nouveaux concurrents en mesure d'être rentables s'ils placent au premier plan la protection des données privées.

Les crypto-monnaies reflètent un recoupement de plus en plus grand entre les finances et la technologie. Ce ne serait pas une surprise si la Securities and Exchange Commission américaine déterminait qu'une grande partie de cette récente activité de collecte de fonds (connue sous le nom de Initial Coin Offerings) dans ce secteur, revienne en fait à une émission de titres, ce qui déclencherait l'application de diverses règles et exigences. Pourtant une telle décision n'équivaudrait pas à une nouvelle réglementation, mais simplement à l'application des règlements existants. Les principes appliqués par les organismes de réglementation des valeurs mobilières depuis les années 1930 restent pertinents : protéger les investisseurs et exiger une divulgation suffisante de tous risques impliqués dans un investissement.

La même chose est vraie pour les voitures sans chauffeur. Il y a eu 40 000 décès sur la route en 2016 aux États-Unis et plus d'un million de décès dans le monde, selon les dernières données de l'Organisation Mondiale de la Santé. Comme pour toutes les années précédentes, des erreurs humaines de différents types ont été à l'origine de la plupart de ces décès. La réduction du nombre de morts sur la route est un objectif important et l'engagement croissant des sociétés de technologie (et de la concurrence avec les sociétés automobiles historiques) devrait être bien accueilli, dans l'intérêt d'améliorer la sécurité routière. Là encore, il faut donner une chance de faire leurs preuves aux principes de normalisation existants, tout comme aux agences qui les appliquent et les imposent.

http://prosyn.org/Swvoa38/fr;

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