La conversion de Genève

DENVER – L'accord sur les armes chimiques de la Syrie conclu entre la Russie et les États-Unis est important non pas tant pour ce qu'il signifie sur le terrain - ce qui se décide au moment où des inspecteurs commencent à affluer en Syrie et, espérons-le, où les réserves d'armes chimiques vont être détruites. La principale signification de l'accord consiste plutôt dans le simple fait qu'il ait été conclu : le Secrétaire d'État des États-Unis John Kerry a rencontré son homologue russe Sergei Lavrov à Genève, le plus éminent lieu pour les sommets diplomatiques, et a négocié une entente sur une question du plus haut intérêt.

Dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, les arrangements pour retirer les armes chimiques de Syrie inaugurent, comme chacun l'espère, une nouvelle ère où les États-Unis et la Russie vont travailler ensemble sur d'autres problématiques mondiales tout aussi urgentes. Une relation de coopération entre les États-Unis et la Russie est essentielle si le système international, maintenant presque dysfonctionnel, doit fonctionner correctement à l'avenir.

L'accord sur la Syrie a pu accomplir autre chose : les Américains pourraient bien reconnaître, une bonne fois pour toutes, qu'il existe d'autres méthodes pour résoudre les problèmes que de larguer des bombes. L'incursion maladroite du Président russe Vladimir Poutine dans le débat américain a fâché de nombreux Américains (dont je fais partie), mais a certainement marqué un moment édifiant. Bien des gens hors des États-Unis ont pensé qu'il était vraiment temps que quelqu'un donne à l'Amérique un aperçu de son propre paternalisme - et mieux encore, que ce quelqu'un soit Poutine, un politicien qui, pour le dire gentiment, a son propre lot de faiblesses.

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