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Fonds spéculatifs : gare aux mauvaises surprises

PHILADELPHIE – Imaginez que vous êtes en train d'acheter une voiture très puissante mais que vous n'avez pas le droit de regarder sous le capot – le moteur doit rester secret. De plus, vous ne pouvez pas savoir comment fonctionnent les autres véhicules de même type puisqu’il n’en existe aucun. Au bout du compte, cette voiture n'a aucune garantie.

La même logique s'applique aux fonds spéculatifs : les investisseurs ne sont généralement pas autorisés à savoir comment ils fonctionnent, et aucune garantie n'est proposée. Qui plus est, les gestionnaires peuvent facilement faire croire à des performances élevées sans être démasqués.

Pour voir comment simuler la performance, prenons l’exemple d’un événement assez rare, tel la chute de plus de 20 % du S & P 500 dans l’année. Ce type d’événement est souvent intégré dans le marché des produits dérivés, qui fixe le prix pour le S & P à dix centimes sur le dollar. L’option coûte donc dix centimes et revient à un dollar si l'événement se produit d'ici la fin de l'année, mais n’a plus de valeur dans le cas contraire.

Prenons monsieur X, qui a un doctorat de physique. Il n’a pas de talent particulier en matière d'investissement mais s'y connaît en probabilités et gère un fonds spéculatif d'une valeur de 100 millions de dollars. Il décide de vendre des options sur l’éventuelle chute du S & P. Pour remplir ses obligations à l'égard des acheteurs d’options si l’événement se produit, il place les 100 millions de dollars en bons du trésor, qui ont un rendement de 4 % au bout d’une année, puis vend 100 millions d'options couvertes qui rapportent dix centimes sur le dollar, donc 10 millions de dollars net. Il dépose 10 millions de dollars en bons du trésor à court terme également et vend pour 10 autres millions d'options. Sa transaction lui rapporte à nouveau 10 millions de dollars, qu'il utilise pour couvrir les dépenses.