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La voix des femmes

WASHINGTON – Avant que l'Amérique et le monde ne s'habituent à la nouvelle réalité de l'accession de Trump à la présidence, faisons un peu de politique-fiction. Supposons que mercredi 9 novembre nous nous soyons réveillés en apprenant la victoire d'Hillary Clinton. Imaginons également que ce soit Helen Clark de Nouvelle-Zélande ou Kristalina Georgieva qui ait été choisie, plutôt que l'ancien Premier ministre portugais Antonio Guterres, pour succéder à Ban Ki-Moon au poste de secrétaire général de l'ONU.

Hillary Clinton, Theresa May du Royaume-Uni et la chancelière allemande Angela Merkel auraient formé un groupe féminin de taille critique au sein du G7. Et si une femme avait occupé le poste de secrétaire général de l'ONU, les femmes auraient dirigé deux des trois principales organisations internationales (la Française Christine Lagarde étant déjà à la tête du FMI).

On se serait alors demander quelles allaient être les conséquences d'un monde dirigé par des femmes ? La situation des femmes s'améliorerait-elle ? Est-ce que cela fera une différence ?

Selon certains sociologues, les femmes dirigeantes appartiennent à deux catégories : les Reines des abeilles qui ne vont probablement pas aider à l'émancipation des autres femmes, et les Femmes vertueuses qui font de cette émancipation une priorité. La plupart des pionnières telles que Margaret Thatcher au Royaume-Uni, Indira Gandhi en Inde ou Golda Meir en Israël étaient des Reines mères qui n'étaient pas féministes. Mais plus récemment les Femmes vertueuses l'ont emporté. On l'a vu avec Cristina Kirchner en Argentine, Dilma Rousseff au Brésil et Johanna Sigurdardottir en Islande qui toutes ont essayé de faire avancer la cause des femmes dans leur pays.