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L'Union européenne tiendra-t-elle ses promesses envers la Turquie ?

EMBARGO 6 SEPTEMBRE 2004

Il y a plus de quarante ans, la Turquie a demandé à devenir membre associé de la Communauté économique européenne. L'accord d'association de 1963 a créé une relation particulière, couronnée par l'union douanière en 1996. Pendant toutes ces années, les gouvernements européens n'ont cessé de réaffirmer que la Turquie pourrait devenir un Etat membre à part entière, à condition de respecter des critères d'adhésion.

La reconnaissance formelle de sa candidature en 1999 a poussé la Turquie à entreprendre un ensemble de réformes sans précédent dans le domaine des droits de l'homme et des droits des minorités, notamment l'abolition de la peine capitale, l'adoption de garanties contre la torture, la promotion des libertés religieuses et de l'égalité entre les sexes et la restriction du rôle de l'armée dans la vie politique. Si l'Union européenne considère que les critères d'adhésion ont été remplis, elle doit entamer des négociations au début de l'année 2005. Faute de quoi l'UE manquerait à ses engagements politiques et ébranlerait sérieusement sa crédibilité dans le monde.

Pourtant, un peu partout en Europe, cette adhésion est envisagée avec scepticisme, en raison de la taille de la Turquie et de sa situation économique, par crainte d'une immigration massive et surtout de " différences culturelles et sociales ", un euphémisme qui fait référence à l'Islam. On ne peut nier que certains de ces facteurs représentent des défis considérables. Mais ils sont souvent exagérés et certainement pas insurmontables. Les négociations avec la Turquie seraient longues et l'adhésion pourrait ne pas avoir lieu avant 2015. Cette période permettrait à la Turquie comme à l'Union de se préparer.