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Du pivot asiatique aux faux-pas

DENVER – Le président des États-Unis Donald Trump a boudé ce mois-ci en Asie deux sommets multilatéraux. Étant donné sa piètre conduite et son humeur maussade la semaine précédente à Paris, durant les commémorations de l’armistice du 11 novembre 1918, auxquelles assistaient des dirigeants du monde entier, on peut présumer que son remplacement par le vice-président Mike Pence était préférable. Pence est parvenu à répandre la bonne parole de l’unilatéralisme américain lors d’une réunion de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est à Singapour (ASEAN) et, à nouveau, lors du sommet de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Mais indépendamment de la personnalité de celui qui délivre le message, il semble que l’Amérique s’égare. La politique étrangère menée par l’administration Trump sous la bannière de « l’Amérique d’abord » n’a guère porté de fruits, laissant en revanche les États-Unis isolés et de plus en plus discrédités sur la scène du monde. Aux initiatives internationales des administrations précédentes ont succédé des slogans vides de sens, des gestes creux et, bien sûr, des « faits alternatifs ». La rencontre prévue entre Trump et le président chinois Xi Jinping au sommet du G20 qui se tient cette semaine en Argentine pourrait être la dernière chance pour les États-Unis de redresser la situation.

Lorsque les futures générations d’historiens tenteront de débrouiller les raisons de la dévastation laissée derrière elle par l’administration Trump, elles se pencheront sans doute sur la dégradation de la politique menée de longue date par les États-Unis à l’égard de la Chine. Pendant des décennies, les présidents américains qui se sont succédé ont compris l’importance vitale pour l’intérêt national d’une gestion attentive de la relation bilatérale avec la Chine.

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