13

Trump contre l'Occident

NEW YORK – Dans moins de 50 jours, nous saurons qui sera le prochain président des États-Unis. Bien que la candidate démocrate Hillary Clinton ait une certaine avance dans les sondages nationaux, cette avance s'est réduite à une quasi-égalité, ce qui signifie que son adversaire républicain, Donald Trump, pourrait bien triompher. Les observateurs américains examinent en effet quelles pourraient être les suites éventuelles des 100 premiers jours au pouvoir de Trump Président. Ce n'est pas beau à voir.

Avec la candidature de Trump, la réalité est devenue plus incroyable que la fiction. Aucun scénariste d'Hollywood n'aurait osé inventer un candidat à la présidentielle (encore moins un président réel), aussi ridicule que Trump. En comparaison, Frank Underwood, le personnage joué par Kevin Spacey, le protagoniste mauvais et fourbe de la version américaine de la série télévisée House of Cards, qui commet un meurtre au cours de la série, ressemble à une sorte d'hybride entre Kant et Lincoln.

Trump est le Mussolini de la télé-réalité de l'Amérique. Il n'est pas seulement un politicien populiste et isolationniste : il en est une caricature. En l'élisant à la présidence, les électeurs américains accompliraient ce que ni l'Union soviétique durant la Guerre froide, ni islamistes fondamentalistes actuels n'ont jamais réussi : saper (et potentiellement détruire), le système démocratique de la plus grande puissance du monde.

Voyons quel soutien le Président russe Vladimir Poutine, (sans doute le plus remarquable ennemi juré autoritaire de l'Occident), pourrait exprimer en faveur de Trump. Compte tenu du peu de considération qu'il témoigne envers le modèle démocratique de l'Occident, le maître du Kremlin envisage certainement la candidature de Trump comme un don du ciel. L'élection de Trump serait la preuve définitive que, malgré plus de deux siècles de lutte contre l'esprit des Lumières de la raison et de la liberté, les dieux du despotisme n'ont pas abandonné leurs agents terrestres.