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Un mauvais affaire pour l’avenir de l’Amérique

WASHINGTON, DC – La loi sur le budget des USA que Barack Obama a signée le 2 août, négociée à grand-peine, combine un relèvement du plafond sur la dette gouvernementale et des réductions sur les dépenses fédérales. Les Etats-Unis ont ainsi écarté la perspective du premier défaut en 224 ans d’histoire. Cependant, l’accord recèle trois failles majeures. Deux d’entre elles se compensent l’une l’autre, mais la troisième menace ce dont l’Amérique aura le plus besoin au cours des prochaines années : la croissance économique.

La première faille : les réductions de dépenses arrivent au mauvais moment, alors que l’économie des USA est en difficulté, et risquent donc de provoquer une nouvelle récession. Ceci dit, la deuxième faille de la mesure est que les réductions de dépenses exigées sont en fait modestes. De même que la législation n’en fait pas assez pour solutionner le problème des déficits budgétaires chroniques et en augmentation aux USA, le dommage qu’elle infligera à l’économie à court terme sera probablement limité.

Par contre, la troisième faille est la plus grave : les diminutions de dépenses sont prévues aux mauvais endroits. Parce que les Démocrates au Congrès ont un attachement quasi religieux à la préservation, intacte, des programmes « principal welfare » pour les seniors, de la Sécurité Sociale et de Medicare, la loi ne touche à aucun d’entre eux. Pourtant, les coûts de ces programmes augmenteront rapidement lorsque la génération des 78 millions baby boomers – les personnes nées entre 1946 et 1964 – prendra sa retraite et recevra les allocations qui y sont associées ; ce qui représentera une augmentation sans précédent des dépenses gouvernementales et des déficits potentiels pour les années à venir. Et, parce que les Républicains au Congrès ont une allergie tout aussi forte envers toute augmentation de la taxation, peu importe le moment ou les circonstances, la loi ne prévoit aucune augmentation des taxes pour payer la facture de la réduction du déficit qu’elle prévoit – pas même pour les Américains les plus riches.

Toutes les réductions de dépenses viennent de la partie « discrétionnaire » du budget fédéral, qui exclut la Sécurité Sociale, Medicare, le programme Medicaid pour les plus pauvres et les intérêts sur la dette nationale. Ce qui laisse seulement environ un tiers des dépenses fédérales totales pour effectuer ces diminutions. En outre, une bonne partie de ce tiers correspond au budget de la défense, que les Républicains tenteront de protéger à l’avenir. En conséquence, la structure établie par la loi du 2 août concentre la réduction du déficit sur la partie « discrétionnaire hors défense » du budget fédéral, qui en représente seulement 10% environ.