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Guerre en Ukraine : Qui va gagner la bataille des sanctions économiques et financières ?

PARIS – Il y a six mois, Europe et États-Unis étaient confrontés à un dilemme : ils ne pouvaient ni laisser l'agression de l'Ukraine par la Russie réussir, ni envoyer des troupes pour combattre l'armée de Vladimir Poutine. Ils ont donc choisi de combattre par procuration en armant la résistance ukrainienne et de mener leur propre guerre économique et financière dans l'espoir d'affaiblir significativement la Russie. En quelques jours, les Occidentaux ont déployé un arsenal de sanctions sans précédent dont l'effet shock and awe (choc et effroi) devait amener l’agresseur à résipiscence.

Comme le relève The Economist, les sanctions combinaient des mesures très médiatisées mais d’une efficacité limitée, telles que l'interdiction de voyager et la saisie des yachts et des villas des oligarques ; des sanctions financières, notamment le gel des réserves de la banque centrale et l'exclusion de certaines institutions russes du système de messagerie interbancaire SWIFT ; et une interdiction d’exportater des technologies, associée à des pressions sur les multinationales pour qu'elles se retirent du marché russe. 

Dans cet arsenal, seules les sanctions financières étaient réellement nouvelles. Depuis la Seconde Guerre mondiale, ce type de mesures n'avaient été appliquées que rarement et à des pays peu importants sur le plan financier, comme l'Iran ou le Venezuela. Aucun des conflits antérieurs avec l'Union soviétique n'avait suscité une telle réaction. Même après l'invasion de l'Europe par les nazis, il avait fallu plus d'un an avant que les avoirs allemands aux Etats-Unis soient gelés. Cette fois-ci, ce fut l’affaire de quelques jours.

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