Cuban man sitting Les Haines/Flickr

Cuba : l’avancée décisive d’Obama

MADRID – Trop souvent,  les dirigeants politiques deviennent les otages, et non les créateurs, de leur environnement sociopolitique. Le monde est trop rarement témoin de changements politiques historiques, comme ceux engagés par la visite de Richard Nixon en Chine en 1972 ou par la visite du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem en 1977.

C’est pour cette raison que certains conflits, comme celui entre les Etats-Unis et Cuba, durent aussi longtemps. Depuis plus d’un demi siècle, aucun président américain n’a été prêt à payer le prix politique lié à l’aveu d’un échec et à rétablir les relations diplomatiques avec cet État insulaire. Mais alors que son mandat arrive à échéance, Obama semble s’être libéré de ces contraintes.

Pour surmonter les contraintes politiques, un président est obligé d’aller à l’encontre de puissants lobbies. Le fait que le président Jimmy Carter soit parvenu à négocier le traité de paix entre l'Égypte et Israël, connu sous le nom d’Accords de Camp David, et à lancer un appel en faveur d’un État palestinien (le premier président américain à formuler cette demande), n’ont été possible que parce qu’il a fait la sourde oreille aux voix et aux organisations juives. De même, le président George H.W. Bush n’aurait pas pu convaincre le Premier ministre israélien Yitzhak Shamir à prendre part, malgré ses réticences, aux discussions de paix de la conférence de Madrid en octobre 1991, sans défier ce qu’il a plus tard décrit comme des « forces politiques importantes » composées de « milliers de lobbyistes sur la colline du Capitole ».

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