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La démocratie libérale en perte de terrain ?

DENVER – Ce n’est que le deuxième mois de la présidence de Donald Trump et bon nombre d’Américains sont déjà lassés du climat de tension. Ils se demandent aussi ce que leur réservent les 46 mois à venir.

Outre l’état d’anxiété permanente qu’elle produit, l’étrange présidence de Donald Trump pose une question plus fondamentale encore : étant déjà assiégée dans beaucoup de ses antennes dans le monde, la démocratie libérale risque-t-elle aujourd’hui de perdre aussi sa forteresse ? Si c’est le cas, les résultats du scrutin pourraient être lourds de conséquences sur la politique étrangère des États-Unis et sur le monde.

Les États ont élu un président dont la connaissance de la démocratie américaine semble limitée au seul fait qu’il a remporté le collège électoral. Il est certain que cette victoire nécessite une vague connaissance de la constitution des États-Unis, où s’inscrit le rôle du collège électoral. À part cela, Trump semble porter peu de respect au système d’équilibre des pouvoirs et à la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le judiciaire et le législatif inscrits dans la constitution de l’État. Il ne montre pas beaucoup plus de respect pour le « quatrième pouvoir », la presse, qu’il a commencé à dépeindre comme une « ennemie du peuple américain ».

Des élections, quoique nécessaires, suffisent à peine pour faire respecter les principes fondamentaux de la démocratie libérale. Après tout, le président de la Russie, Vladimir Poutine, le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan et la plupart des autres despotes sont arrivés au pouvoir en obtenant la majorité absolue des voix dans le cadre d’élections.