5

A la recherche d’une croissance mondiale

NEWPORT BEACH – Quelle priorité économique la plus urgente ont en commun des pays aussi différents que le Brésil, la Chine, Chypre, la Corée du Sud, les Etats-Unis, la France, la Grèce, l’Islande, l’Irlande, le Portugal et le Royaume-Uni ?

Ce n’est pas la dette, ni les déficits. Et ce n’est pas non plus d’avoir à résoudre les conséquences de prêts et emprunts irresponsables. Certes, ces questions sont pertinentes, et dans certains cas, urgentes. Mais le principal défi auquel ces pays sont confrontés est le développement de modèles de croissance qui génèrent plus d’emplois, bien rémunérés et sûrs, alors que s’opère un réalignement séculaire de l’économie mondiale.

Pour des raisons à la fois pratiques et théoriques, ce défi ne sera pas relevé rapidement ou facilement. Et lorsqu’il le sera, le processus a toutes les chances d’être partiel et inégal, accentuant les différences et posant des problèmes délicats de coordination aux plans national, régional et mondial.

Les dernières années ont démontré l’érosion de la puissance des anciens modèles de croissance. Certains pays (par exemple la Grèce et le Portugal) ont compté sur les dépenses de l’État, financées par l’endettement, pour alimenter l’activité économique. D’autres (notamment Chypre, les Etats-Unis, l’Islande, l’Irlande et le Royaume-Uni) ont eu recours à des effets de levier intenables réalisés par les institutions financières pour financer les activités du secteur privé, quelques fois sans tenir compte des fondamentaux sous-jacents. D’autres encore (la Chine et la Corée du Sud) ont exploité une mondialisation semble-t-il sans limites et un commerce international en plein essor pour s’emparer de parts de marché. Et le dernier groupe s’est accroché à la locomotive chinoise.