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Uribe, un président modèle

Un raz-de-marée de gauche a soi-disant déferlé sur l’Amérique latine. La réélection d’Alvaro Uribe, en Colombie, n’a pourtant pas seulement lancé le processus inverse de cette tendance : il a également ouvert la voie aux partis conservateurs et libéraux de tout le continent – voie qui sera bientôt éprouvée par les élections présidentielles du Mexique, le 2 juillet prochain.

En effet, les récentes élections présidentielles colombiennes sont à marquer d’une pierre blanche. Le Président Uribe, charismatique travailleur forcené, qui a été autorisé – pour la première fois dans l’histoire moderne de la Colombie – à se présenter comme président sortant pour un second mandat de quatre ans, a remporté haut la main le premier tour avec une majorité absolue de 62 % des voix.

Sa victoire a fait voler en éclats un siècle et demi de mauvaise administration bipartite confortablement installée. Uribe, ancien Libéral, est sur le point de parvenir à un nouveau consensus – incarné par la coalition de six partis uribistes – qui embrasse le type d’économie moderne et la politique libérale démocrate de ces vingt-cinq dernières années, caractéristiques de la plupart des pays occidentaux.

Un nouveau parti de gauche, le Polo Alternativo Democrático (PAD), s’oppose à ce consensus. avec à sa tête un ancien juge de la Cour constitutionnelle, Carlos Gaviria, le PAD se compose d’une variété de partisans de gauche, allant d’anciens guérilleros marxistes à des sociaux démocrates « centristes ».