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Des juges au-dessus de tout soupçon ?

PARIS – En démocratie, la Justice est censée être indépendante. Mais juges et procureurs sont-ils, eux, indépendants ? En fait, nombre d’entre eux sont impliqués dans des affaires politiques et poursuivent des objectifs – voire des vendettas – qui leur sont propres.

Cette politisation des procureurs et des juges d’instruction se manifeste dans des démocraties aussi diverses que le Japon, l’Italie, la France, l’Espagne, la Turquie et l’Argentine. Dans tous ces pays, procureurs et juges d’instruction n'hésitent pas à lancer des accusations de corruption contre les gouvernements et les partis au pouvoir – des charges qui se trouvent servir les intérêts partisans et corporatistes de ces magistrats.

Le ministère public du Japon vient ainsi d'accuser en fanfare Ichiro Ozawa, le secrétaire général du Parti démocratique du Japon (PDJ), vainqueur des dernières élections, d’avoir reçu des fonds illégaux pour financer sa campagne électorale contre le parti libéral-démocrate sortant (PLD). L’opinion publique japonaise s’étonne de l’inculpation de collaborateurs d’Ozawa, quelques mois seulement après la victoire électorale du PDJ, compte tenu de la corruption notoire du PLD quand lui était au pouvoir et jamais inquiété.

De fait, le PLD travaillait main dans la main avec une bureaucratie japonaise établie, dont font partie les procureurs. Le PDJ s’est engagé à mettre fin à ce concubinage entre les bureaucrates, les politiciens et les conglomérats japonais. En inculpant des proches d’Ozawa, le parquet n'agit qu'en défense d'un statu quo qui convenait à la magistrature.