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Le volcan dort

Le rejet du projet de Constitution Européenne par les peuples français et néerlandais est à l’évidence beaucoup moins un rejet de l’Europe qu’un rejet de la mondialisation non régulée. L’instabilité générale des rapports sociaux, et principalement mais pas seulement de l’emploi, devient lentement intolérable à une part croissante de nos populations.

Or il ne saurait y avoir de système économique stable s’il est rejeté par les électorats, en tous cas en pays démocratiques.

Après la dernière guerre mondiale, le capitalisme a pu être reconstruit parce qu’il était stabilisé par trois régulateurs nécessaires : la sécurité sociale en pays développé comme stabilisateur principal, les politiques keynésiennes comme outils anticycliques pour les économies internes comme en matière de change, et les politiques générales de hauts salaires reconnues nécessaires pour provoquer la consommation de masse sans laquelle le génie du capitalisme, la production de masse, est inopérant.

Le ralliement de l’essentiel des pays développés aux politiques monétaristes,  à partir de 1970, a brisé tout cela. Depuis le décrochage du dollar et de l’or en 1971 l’instabilité du système financier international est constante. Les crises se multiplient et s’aggravent. La pauvreté a réapparu massivement en pays développé, les inégalités internes et internationales augmentent de manière vertigineuse, la précarité des emplois s’étend, là où on préfère le chômage à la précarité généralisée, il devient insuppressible.