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Le passé n’est jamais passé

PARIS – La relation qu’entretient une nation avec son passé est cruciale à son présent ainsi qu’à son avenir, à sa capacité à « aller de l’avant » avec sa vie, ou à tirer les leçons de ses erreurs pour ne pas les répéter.

Il y a ce passé qui « n’est pas mort et enterré. En fait, il n’est même pas passé, » comme l’exprime si bien William Faulkner. Un tel passé interdit de manière obsessive tout possibilité d’évolution vers une nécessaire réconciliation avec soi-même et avec un ennemi d’antan ou actuel.

Un tel passé est douloureusement observable aujourd’hui dans les Balkans, par exemple, une région si obsédée par les conflits qui l’ont déchiré dans les années 90 qu’elle en reste paralysée. Il persiste encore une totale incapacité à admettre le point de vue de l’autre et à dépasser cette notion de martyre collectif, même si, il est vrai, elle est vécue de façon différente d’un point à un autre de la région.

Aujourd’hui, les Balkans ont bien moins besoin d’historiens ou de politologues que de psychanalystes qui peuvent les aider à transcender leur passé au nom du présent et de l’avenir. Reste à espérer que la promesse de l’intégration dans l’Union Européenne constituera la meilleure « cure psychanalytique.»