0

Quel monde laisserons-nous à nos petits-enfants ?

TOULOUSE – En Europe le mois d'août est un mois de vacances pendant lequel on ne traite pas de sujets sérieux en politique. Le monde et toute son agitation sont supposés se mettre en sourdine tandis que les Européens se prélassent.

En général je passe ce mois avec ma famille dans une vieille ferme rénovée que nous avons achetée dans les profondeurs du sud-ouest de la France. Tandis que j'écris ces mots assis sous une vigne grimpante de mon jardin potager, aussi loin que porte mon regard vers l'ouest j'aperçois des collines boisées, sans aucune autre habitation.

Dans notre hameau, on trouve une seule ferme, deux résidences secondaires et sept ou huit maisons en ruine, or il comptait plus de 50 habitants il y a un siècle. Aujourd'hui ne s'y trouvent plus que deux résidents permanents, le fermier et sa vieille mère, tous les autres sont des vacanciers.

En France le progrès s'est traduit par une migration relativement récente des campagnes vers les villes. "Comment se fait-il", m'a demandé il y a quelques années un éleveur de cochons de la région, "que nous, les habitants du coin, voulions tous partir d'ici, tandis que vous, les citadins du nord de l'Europe veuillez acheter nos vieilles fermes pour vous y installer ?" Cela fait partie je crois du rêve des classes moyennes urbaines du nord de l'Europe : le soleil pendant la journée et le silence la nuit.