4

À la défense d’une intervention plus efficace de l’État

LONDRES – Un sondage récent du Sommet des Conseils du programme mondial du World Economic Forum plaçait la capacité de l’État à résoudre des problèmes mondiaux en dessous de celle des entreprises et des médias. D’une part, c’est compréhensible, vu les multiples défis auxquels les États sont confrontés et le manque de solutions à long terme que réclament un grand nombre de problèmes. Par contre, les tentatives de classer l’État par rapport aux entreprises et aux médias sont fondamentalement erronées : aucun secteur ne doit fonctionner à l’échelle de responsabilité et d’imputabilité qu’on attend de l’État.

Les entreprises décident de leur propre gré où investir et se développer. Les médias profitent d’un cycle de nouvelles qui changent sans arrêt. L’État ne jouit d’aucun de ces luxes. L’État ne peut tout simplement pas remballer son matériel et quitter une activité déficitaire ou un sujet qui ne l’intéresse plus. L’État se doit de rester sur place. Il doit même souvent réparer les dégâts laissés derrière par ceux qui ne sont pas tenus de le faire. Les bons jours, on lui demande même d’améliorer les choses.

La plupart du temps, le problème des États réside dans le fait qu’en essayant de combler et de concilier les besoins souvent incompatibles des personnes, des familles et de la nation, ils sont de moins en moins en mesure d’assurer des services publics de façon efficace et efficiente, avec pour résultat que la confiance envers l’État a dégringolé.

Juste avant le Sommet sur le programme mondial à Abu Dhabi le mois dernier, j’ai passé une semaine en Inde. La plupart des gens avec qui j’ai parlé n’ont cessé de se plaindre des lacunes d’un État qui à l’échelle nationale ou régionale était invariablement dépeint comme lourd, indécis, corrompu, dénué d’imagination et de vision, et en général, sans valeur.