British shoppers Daniel Leal Olivas/Getty Images

L’illusion du retour à la normale

LONDRES – Une tendance psychologique trompeuse nous conduit à considérer que les événements inhabituels finiront toujours par céder la place à un retour à la « normale ». Nombre de commentateurs économiques se concentrent aujourd’hui sur la perspective d’une « sortie » de près de dix ans de politique monétaire ultra assouplie, consistant pour les banques à rétablir leurs bilans à des niveaux « normaux », ainsi qu’à rehausser progressivement les taux d’intérêt. Or, nous sommes encore loin d’avoir retrouvé la normalité d’avant-crise.

Après plusieurs années de déclin des prévisions de croissance mondiale, 2017 a connu une amélioration significative, et de légères augmentations de taux d’intérêt se justifient désormais. Pour autant, les économies développées demeurent confrontées à une inflation trop faible, à une croissance seulement modérée, et la reprise devrait continuer de reposer sur une relance budgétaire, appuyée si nécessaire par une monétisation des dettes.

Depuis 2007, le PIB par habitant de la zone euro, du Japon et des États-Unis n’enregistre respectivement qu’une hausse de 0, 3 %, 4,4 % et 5 %. Il est possible qu’une part du ralentissement observé par rapport aux taux habituels d’avant-crise de 1,5 à 2 % de croissance annuelle s’explique par des facteurs liés à l’offre, et que la croissance de la productivité subisse des vents contraires de nature structurelle.

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