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La paix au Moyen-Orient ?

RAMALLAH – Quelque chose se passe dans le conflit du Moyen-Orient, mais il est difficile de dire quoi. Une véritable avancée semble à portée de main, mais toutes les parties se cramponnent encore à leur position habituelle. La Ligue arabe a donné son feu vert à des pourparlers israélo-palestiniens indirects et les différents organes de direction palestiniens ont donné leur accord à la reprise des négociations. Même Saeb Erekat, le négociateur palestinien généralement intraitable, a mis sa rhétorique en sourdine et le président palestinien Mahmoud Abbas a donné une interview optimiste à la télévision israélienne.

Mais Israël n'a pas accepté publiquement la demande des Américains et des Palestiniens, formulée encore récemment par le vice-président américain Joe Biden lors de sa visite en Israël d'arrêter toute nouvelle construction à Jérusalem. Au contraire, les dirigeants israéliens, nient l'existence d'un accord secret entre les USA et Israël que dénoncent les Palestiniens, et ont manifestement l'intention de continuer à construire des habitations destinées à la population juive à Jérusalem-Est, la partie de la ville sous occupation. Alors que se passe-t-il ?

Pour commencer, revenons à ce que Kissinger appelait le royaume de "l'ambiguïté constructive". Par l'intermédiaire de son envoyé spécial, George Mitchell, le président Obama a assuré aux Palestiniens que les Israéliens ne se livreraient pas à des "provocations" au cours des quatre prochains mois de négociations indirectes. Pressés de préciser, les Palestiniens ont reconnu que ce n'était pas une promesse écrite.

Néanmoins, lors d'un récent voyage en Israël, un conseiller de la Maison Blanche, Dan Shapiro, aurait reçu l'assurance des Israéliens qu'ils n'allaient pas mettre leurs amis américains dans l'embarras. En échange, Shapiro a remis au dirigeant du parti ultra-orthodoxe Shas une invitation à la Maison Blanche. Mitchell a fait de même à l'égard d'Abbas.