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Renforcer le pouvoir limité de l’Europe

PARIS – Les résultats des élections parlementaires européennes du 25 mai sont aussi déconcertants qu’ils sont choquants. Aucune théorie ne permet en effet d’expliquer les différents résultats nationaux.

En Allemagne, où les politiques d’assistance financière de l’Union européenne et les initiatives de la BCE ont suscité une profonde controverse, la campagne électorale s’est révélée remarquablement terne et consensuelle. En revanche, en France où ni les unes ni les autres n’ont fait l’objet de débat au moment de la crise, elle a tourné autour des thèmes des eurosceptiques.

Ni les variables économiques de type croissance du PIB, ni les variables sociales telles que le chômage ne peuvent expliquer pourquoi l’Italie a voté en masse pour le Parti démocrate de centre-gauche du Premier ministre Matteo Renzi, alors que la France mettait en tête le Front National.

Au sein des pays excédentaires, les eurosceptiques se sont révélés puissants en Autriche, mais pas en Allemagne. Parmi les pays déficitaires, la Grèce s’est tournée vers la coalition d’extrême gauche Syriza d’Alexis Tsipras, tandis que les anciennes forces politiques dominantes, les partis Nouvelle Démocratie et Pasok, réunissaient ensemble moins d’un tiers du vote populaire. Au Portugal, en revanche, la domination des partis traditionnels s’est maintenue.