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t5179526 Une opportunité à saisir pour le Japon et la Chine

« Notre devoir, en tant que journal le plus influent du Japon, est de dire à nos lecteurs qui porte la responsabilité de la guerre sino-japonaise et de la guerre du Pacifique » écrit Tsuneo Watanabe, éditeur en chef du Yomiuri Shimbun , le journal le plus diffusé au Japon (et dans le monde), dans l’introduction du livre From Marco Polo Bridge to Pearl Harbour : Who Was Responsible (Du Pont Marco Polo à Pearl Harbour : Qui était responsable).

Watanabe, soldat dans l’armée impériale nippone durant la Seconde Guerre mondiale et aujourd’hui octogénaire, était irrité par la manière dont les questions non résolues liées à la guerre continuent à freiner le progrès du Japon. Il décida d’établir dans le cadre du journal un comité de réexamen des responsabilités durant la guerre, chargé de mener une enquête de quatorze mois sur le rôle du Japon dans la guerre du Pacifique.

Watanabe écrit que le comité conclut à « la culpabilité, non seulement des membres haut placés du gouvernement, des généraux et amiraux, mais également d’officiers sur le terrain, qui ont souvent eu plus d’influence que l’empereur même, que les ministres de la Guerre et que les chefs d’États-majors dans la prise de décisions conduisant à une escalade de la guerre, et qui furent responsables d’atrocités ».

Il n’a jamais été facile pour un pays d’admettre honnêtement sa responsabilité concernant des crimes de guerre, un génocide, une agression injustifiée envers un autre pays, ou d’avoir maltraité et tué ses propres citoyens. Le Japon ne fait pas exception. Bien que de nombreuses tentatives aient été faites pour enquêter sur la culpabilité du Japon, et en particulier sur son occupation de la Chine, il n’y a jamais eu de démarche officielle comparable à celle de l’Allemagne pour assumer une responsabilité collective pour ses crimes de guerre.