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La " nouvelle économie " est-elle une mode ?

Il n'y a pas si longtemps, beaucoup dépeignaient la " nouvelle économie " comme ayant abrogé les lois de la gravité économique : les cours des actions, la productivité et l'emploi devaient toujours croître, jamais décroître. L'effondrement du NASDAQ et le ralentissement mondial qui s'est ensuivi ont amené de nombreuses personnes à penser que la " révolution informatique " tant vantée n'était qu'une illusion spéculative de plus.

Ainsi, la question qui se pose désormais à nous est la suivante : quel sera le degré d'importance des révolutions technologiques dans le traitement des données et les communications à long terme ? Pouvons-nous réellement parler d'une " nouvelle économie " ? Personne ne possède une boule de cristal et il est possible de faire des prédictions erronées. Nous pensons néanmoins qu'il est fort probable que l'impact économique à long terme de la " nouvelle économie " soit en effet très important.

Certaines innovations technologiques changent notre quotidien, mais n'ont aucun effet durable sur l'économie dans son ensemble. La révolution de l'éclairage en est un parfait exemple. En 1800, un foyer américain dépensait 4 % de son revenu en bougies, lampes, huile et allumettes. Il consacre désormais moins de 1 % de son revenu à l'éclairage et consomme plus de cent fois plus d'éclairage artificiel. Le prix réel de la lumière a chuté d'un facteur de mille au cours des deux siècles derniers, mais nous ne parlons pas pour autant de la " révolution de l'éclairage " ou d'une " nouvelle économie " basée sur les réverbères et les lumières fluorescentes des bureaux et des magasins.

Pour qu'un changement technologique révolutionne toute une économie, comme c'était le cas pour la vapeur et l'électricité, son impact ne doit pas être local, mais doit rayonner dans une grande partie de l'économie afin que la demande de nouveaux produits croisse plus rapidement que la baisse de leur prix. C'est seulement alors que nous pouvons parler d'une " nouvelle économie " car c'est seulement alors que la part des produits du nouveau secteur dans les dépenses totales augmentera, la croissance élevée de la productivité du nouveau secteur devenant la croissance de la productivité de toute l'économie.