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La politique de la Chine à l’égard du Tibet est-elle dommageable pour les affaires ?

Lorsqu’un responsable de l’office de la Sécurité publique chinoise a récemment accusé les partisans du Dalaï-Lama de préparer des attentats-suicide – toute au plus la plus extrême d’une série d’accusations à l’encontre de la « clique du Dalaï-Lama » - l’on aurait pu se croire revenu au temps de la Révolution culturelle. Dès lors qu’il s’agit du Tibet, le gouvernement chinois, par ailleurs de plus en plus pragmatique et sophistiqué, retombe dans une rhétorique maoïste, accompagnée de propagande simpliste et de mesures coercitives. Les investisseurs étrangers doivent-ils s’inquiéter de cette situation ?

Bien qu’il existe une réelle possibilité que les récentes manifestations au Tibet amènent les autorités à modifier leur position, les premiers signes ne sont guère encourageants. Jusqu’à présent, le régime a eu recours aux mêmes mesures brutales qui ont été à l’origine des protestations des Tibétains en premier lieu. Les pressions internationales seules ne pourront pas changer la situation. Des pressions intérieures le pourraient, mais cette possibilité a été anéantie sur le champ de bataille des relations publiques.

D’un côté, certains médias internationaux ont brossé un noir tableau (et pas toujours objectif) des violences du mois de mars comme une répression brutale de moines tibétains pacifiques par les Chinois. De l’autre côté, les médias officiels chinois ont alimenté la colère des citoyens face à ce qui a été perçu comme un parti pris occidental anti-chinois. Cette exacerbation du sentiment nationaliste a fait que peu de Chinois se posent des questions sur le pourquoi des violences.

La question du Tibet existe bien sûr depuis des décennies et n’a en général pas créé de sérieux problèmes pour les investisseurs. Mais la combinaison des premiers troubles sérieux au Tibet depuis près de vingt ans et la vague de fond de critiques à l’encontre de la Chine avant les Jeux Olympiques a incité les hommes d’affaires et les investisseurs à évaluer rapidement ce que la situation pouvait avoir comme conséquences pour leurs activités, sur les plans de l’éthique et de la réputation.