1

Bien faire et faire le bien

WASHINGTON – Voici deux ans, le PDG de Tesla, Elon Musk, décidait de rendre accessibles à tous les brevets de son entreprise – une initiative qui va à l’inverse du fonctionnement traditionnel de la concurrence. Pourquoi une entreprise abandonnerait-elle à ses rivales ses plans et sa technologie, après y avoir consacré tous ses efforts ?

Quoi qu’on puisse penser de Musk, il faut saluer son courage. Il réécrit les règles, en partant de la conviction que le succès de Tesla dépend de celui du marché de la voiture électrique tout entier, et que les intérêts commerciaux de son entreprise sont inséparables des bénéfices qu’y trouvera l’ensemble de la société.

La stratégie non conventionnelle de Musk pourrait remettre en question des pans entiers de l’activité économique – et tout le monde en profiterait. Si les brevets ouverts de Tesla parviennent à attirer sur son secteur de nouveaux acteurs, ils transformeront ce qui n’est encore qu’un produit de niche en un phénomène de la consommation de masse. Une telle évolution aurait des conséquences significatives dans la lutte contre le changement climatique.

Se demander si Musk cherche à combattre le réchauffement ou à se faire de l’argent n’a strictement aucun sens. Il fait les deux. Qui plus est, ce type de capitalisme, préoccupé du bien public, sera nécessaire, dans l’avenir, au succès des entreprises.