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Europe : Les petits pas et le grand bond

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On attendait les euro-obligations. Ce sera la gouvernance économique. Le grand bond en avant, ont dit Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, sera peut-être l’aboutissement, mais l’heure est aux petits pas. La question, évidemment, est de savoir à quoi ceux-ci peuvent servir.

Pour y répondre, un retour en arrière s’impose. Jusqu’au la fin du printemps, la crise sur les marchés de la dette publique était limitée à trois petits pays, la Grèce, l’Irlande et le Portugal. L’Espagne avait réussi à limiter l’écart entre ses conditions d’emprunt et celle de l’Allemagne (les fameux spreads) à deux points de taux d’intérêt environ. Mais à la mi-juillet, le coût des emprunts espagnols et italiens approchait quatre points et les conditions d’emprunt de la France se détérioraient rapidement. Le spectre d’une crise d’ensemble commençait de hanter les marchés. Or la zone euro n’était pas équipée pour y faire face. Le Fonds de stabilité créé en 2010 avait une capacité de prêt d’un peu plus de 300 milliards, largement suffisante pour les pays périphériques mais trop petite pour aider ne serait-ce que l’Espagne. La catastrophe menaçait.

Le 21 juillet, les dirigeants européens ont – tardivement – tenté de remédier à cette vulnérabilité. Ils ont augmenté la capacité du Fonds de stabilité pour lui permettre de faire face au risque espagnol et l’ont autorisé à agir avant qu’une crise soit avérée, en intervenant sur les marchés de la dette pour faire baisser les taux d’intérêt. Le Fonds ne pourrait pas traiter une crise simultanée de l’Espagne et de l’Italie, mais il peut essayer de les prévenir. Plus exactement, il le pourra quand l’accord sera ratifié par les parlements. En attendant, la BCE intervient à sa place, avec jusqu’ici un certain succès : la tension a nettement diminué depuis qu’elle a commencé ses achats de titres le 8 août dernier.