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Serait-ce le dernier round pour Evo Morales ?

LA PAZ – Le gouvernement populiste du Président bolivien Evo Morales semble voué à l'échec politique. Face à une croissance des prix de 11% par an et des plaintes de plus en plus nombreuses émanent des secteurs les plus touchés du pays, Evo Morales a promis qu'il y aurait du changement, mais il tarde à prendre des décisions, laissant ainsi en place les politiques qui enveniment le problème.

Bien sûr, le bon sens économique l'emporte parfois, mais c'est généralement de courte durée. À la fin de l'année 2010 par exemple, le gouvernement Morales a décidé de supprimer les subventions relatives aux combustibles fossiles afin de réduire le fardeau fiscal lié au prix de l'énergie sur le marché du pays importateur, et à sa revente – à des prix qui n'ont pas changé depuis dix ans. Mais le gouvernement est revenu sur sa décision en une semaine, les boliviens qui avaient amené M. Morales au pouvoir ayant envahi les rues en signe de protestation. À ce moment là, Morales a promis de “gouverner en obéissant.”

Les sondages d'opinion ont enregistré une forte chute de la popularité de Morales ; la protestation sociale qu'il a su orchestrer par le passé s'est finalement retournée contre lui. La longue grève des travailleurs des transports publics a été suivie par celle tout aussi longue initiée par le Central Obrera (la fédération des syndicats de Bolivie) et par les fonctionnaires boliviens.

Après des années de gel des salaires, les employés des transports publics revendiquaient une augmentation, tandis que les autres demandaient des salaires plus élevés pour compenser l'inflation, qui est, en Bolivie, plus élevée que la moyenne latino-américaine, alors que la croissance économique y est plus faible. Morales a cédé face à ce mouvement de protestation, il a fait quelques concessions et des promesses à court terme – ce qui aura pour effet de favoriser la poursuite de l'inflation.