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L’Europe a-t-elle des pulsions suicidaires ?

BERLIN – Depuis le début de la crise de la dette grecque en 2010, les principaux acteurs européens auraient  dû comprendre les risques et conséquences qu’elle comportait pour l’Union européenne. Mais ce n’est certainement pas l’impression qu’ils donnent aux spectateurs.

Cette crise a toujours eu une dimension plus large que la Grèce même : une insolvabilité chaotique dans ce pays menace potentiellement d’entraîner d’autres économies de la périphérie sud de l’UE, dont des pays de premier plan, dans un abysse budgétaire, aux côtés des principales banques et compagnies d’assurance européennes. Cette évolution plongerait à son tour l’économie mondiale dans une nouvelle crise financière, avec des répercussions égales à celles de l’automne 2008. Elle incarnerait également un échec de la zone euro qui ne manquerait pas d’avoir de graves conséquences pour le marché commun.

Pour la première fois de son histoire, la poursuite même du projet européen est en péril. Malgré ce risque, le comportement de l’UE et de ses principaux États membres a été hésitant et pusillanime en raison d’égocentrismes nationaux et d’un manque flagrant de leadership.

Les États peuvent faire banqueroute comme les entreprises, mais contrairement à ces dernières, ils ne disparaissent pas quand cela se produit. Il est pour cette raison inutile de pénaliser les États et de sous-estimer leurs intérêts permanents. Les États insolvables ont besoin d’aide pour leur restructuration, à la fois du secteur financier et bien au-delà, de façon à trouver une issue à la crise.