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Toujours pas d'ouverture politique en Chine !

La répression politique s’accentue-t-elle en Chine ou bien le gouvernement chinois desserre-t-il son étau ? La réponse n’est pas évidente. A la tête de la quatrième génération de dirigeants communistes, le secrétaire général du Parti communiste, Hu Jintao, donne parfois l’impression de s’engager simultanément dans ces deux directions.

Ainsi, il a décider d’honorer la mémoire de son mentor, l’ancien secrétaire général Hu Yaobang, de manière à redorer son image de réformiste. Mais depuis qu'il a véritablement accédé au pouvoir en 2002 en devenant secrétaire du Parti, il se démarque fortement de son mentor.

Hu Yaobang a été le fondateur de la Ligue de la jeunesse communiste, une institution relativement libérale dans le contexte chinois, c’est lui qui a lancé des réformes politiques dans les années 1980 et réhabilité pratiquement toutes les victimes des purges de Mao. Hu Jintao quant à lui a restreint l’espace public dévolu au discours politique qui s’était élargi durant les dernières années de son prédécesseur, Jiang Zemin, les médias chinois ayant commencé à faire preuve de davantage d’audace sous la pression du marché.

Depuis son arrivée au pouvoir, Hu Jintao a fait arrêter nombre de journalistes critiques pour brider les médias, ainsi qu'une série d’intellectuels engagés, critiques eux aussi à l’égard de sa politique. On peut citer notamment les cyber-dissidents Liu Di et Shi Tao (ce dernier a été arrêté grâce à la collaboration de Yahoo avec la police pour l’identifier) et des écrivains indépendants tels que Yu Jie et Liu Xiaobo. Jiang Yanyong, un médecin militaire, a été arrêté en 2003 après avoir dénoncé publiquement la déclaration du Parti selon laquelle l’épidémie de SRAS était jugulée. Il a été placé sous surveillance en 2004, quand il a appelé le Parti à revenir sur son appréciation des événements de juin 1989 de la place Tiananmen.