0

Internet contre la censure

La plupart des journalistes occidentaux contre-attaquent quand un gouvernement tente de les empêcher de rechercher des informations ou veut les contraindre à relever leurs sources. Certains sont même allés en prison plutôt que de relever l'identité de leurs sources ou des personnes qui les ont alertés, ou ont poursuivi les gouvernements qui leurs refusaient l'accès à des documents importants. Malheureusement, beaucoup de journalistes sont plus prompts à défendre leur droit de rechercher l'information que leur droit de la publier ou de la diffuser. Les journalistes et les médias occidentaux semblent accepter la censure comme une réalité incontournable dans les pays où elle sévit.

On ne pouvait peut-être pas échapper à la censure quand l'imprimerie, les camions de livraison, les kiosques à journaux ou les antennes de transmission hertzienne étaient des étapes obligées de la diffusion de la presse écrite ou des programmes radio ou télé. Mais Internet constitue un moyen nouveau et potentiellement lucratif de diffuser librement l'information.

Pourtant, cette liberté n'a rien d'automatique, car même l'ouverture inhérente à Internet peut être battue en brèche par la surveillance et le filtrage que peuvent mettre en place les gouvernements. Néanmoins depuis quelques années, un élément nouveau est apparu, ce sont les efforts soutenus dans la recherche de contre-mesures visant à protéger les communications sur Internet de toute ingérence par une tierce partie. L'essentiel de cette recherche ne se déroule pas dans des laboratoires universitaires ou privés, elle est menée spontanément par des adolescents qui veulent échanger entre eux de la musique sans payer de droits d'auteur.

Les médias occidentaux ont largement parlé de ce phénomène, mais apparemment sans réaliser que la technologie peer-to-peer permet également de déjouer la censure. Elle pourrait constituer un outil pour y échapper dans des pays comme la Chine, où tout contenu en ligne qui déplaît au Parti communiste chinois peut être victime de la "Grande muraille" de la censure. La technologie peer-to-peer rend le filtrage beaucoup plus difficile, car elle permet à pratiquement toute personne qui reçoit une information de la mettre à la disposition d'autrui.