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Le Hamas peut-il rester au pouvoir ?

Avec un tiers du gouvernement palestinien du Hamas mis en état d’arrestation par Israël, l’escalade des relations israélo-palestiniennes a désormais dépassé la simple confrontation militaire. Une question bien plus fondamentale s’impose : un gouvernement palestinien dérivant son autorité d’un accord avec Israël peut-il rester au pouvoir tout en étant dirigé par une organisation qui se donne pour but la destruction d’Israël ?

L’enlèvement d’un soldat israélien dans la bande de Gaza, ainsi que l’enlèvement suivi du meurtre d’un civil israélien de 18 ans en Cisjordanie soulèvent cette question, qui hante les relation israélo-palestiniennes depuis la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier.

La communauté internationale, menée par le “Quartet” (les États-Unis, l’Union Européenne, les Nations Unies et la Russie), a posé trois conditions au gouvernement du Hamas pour lui permettre de prétendre à une légitimité internationale et de continuer à recevoir un soutien financier. Le Hamas doit reconnaître le droit d’Israël à exister, cesser toute action terroriste et s’atteler à mettre en œuvre tous les accords internationaux déjà signés par l’autorité palestinienne. Ces conditions peuvent paraître raisonnables à tout observateur extérieur. Pour le Hamas cependant, elles semblent saper sa raison d'être [1] même .

Cette organisation n’a-t-elle pas pour but après tout la destruction d’Israël (sa charte appelle à une guerre sainte contre tous les Juifs) et l’établissement d’un État islamique dans toute la Palestine historique ? Le Hamas considère que les Juifs (ainsi que les francs-maçons et autres viles organisations comme le Rotary International et le Lions Club) sont responsables des révolutions française et bolchevique et des deux Guerres Mondiales. Il est donc peu surprenant que le Hamas rejette les conditions du Quartet.