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La gestion des affaires peut-elle être éthique ?

MELBOURNE – Un vent nouveau souffle sur la Business School de Harvard. Alors que la cérémonie de remise des diplômes approche, pour la première promotion à obtenir un MBA depuis le début de la crise financière, les étudiants font circuler un serment les engageant à faire leur travail de « manière éthique », à « s’efforcer de créer une prospérité économique, sociale et environnementale durable au plan mondial », et à gérer leurs entreprises « en toute bonne foi, en évitant les décisions et un comportement qui ne servent que les étroites ambitions personnelles aux dépens de l’entreprise et des sociétés dont elle dépend ».

La formulation de ce nouveau serment s’inspire de celui adopté en 2006 par la Thunderbird School of Global Management, en Arizona. Qu’il ait été repris par la plus célèbre école d’administration des affaires est toutefois significatif.

Au moment d’écrire, près de 20 pour cent de la promotion 2009 de Harvard avait prêté serment. Cela incitera bien sûr les cyniques à demander « Qu’en est-il des 80 autres pour cent ? ». Mais ceux qui ont prêté serment font partie d’une tendance plus large en faveur d’un retour à une éthique commerciale, dans le sillage de l’avalanche de révélations sur la cupidité et les pratiques malhonnêtes dans le secteur de la finance. La participation aux cours d’éthique commerciale a grimpé en flèche et les activités des principales écoles de commerce sont plus qu’auparavant axées sur la manière de faire des affaires tout en promouvant les valeurs sociales à long terme.

L’éthique commerciale a toujours comporté des difficultés intrinsèques, différentes de celles d’autres professions, telles que la médecine, la dentisterie, la loi ou l’ingénierie. Récemment, un membre de ma famille qui avait un problème oculaire a été envoyé par son médecin traitant voir un spécialiste. Après avoir examiné son œil, le chirurgien a estimé qu’aucune opération n’était nécessaire et qu’un généraliste pouvait le soigner.