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Le vent du changement souffle à nouveau sur l’Afrique

DAKAR – Comment la Côte d’Ivoire en est-elle arrivé là ? Ancienne colonie française, la Côte d’Ivoire a accédé à l’indépendance en 1960, avec Félix Houphouët-Boigny comme premier président. Le pays devint le premier exportateur mondial de fèves de cacao et un exportateur important de café et d’huile de palme. Pendant les années 1960 et 1970, les revenus considérables tirés des exportations, combinés à un accès facile au crédit, ont alimenté une période de forte croissance appelée le « miracle ivoirien ». Mais par la suite, un endettement toujours plus élevé et une chute brutale des prix des matières premières ont contribué à la dégradation de la situation. L’Eldorado africain n’était plus.

En 1990, Houphouët-Boigny nomma Alassane Ouattara, alors gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, au poste de Premier ministre pour qu’il tente de remédier aux difficultés économiques croissantes de la Côte d’Ivoire. À la mort de Houphouët-Boigny en 1993, Henri Konan Bédié assuma la présidence et modifia le code électoral de façon à empêcher Ouattara de participer à l’élection présidentielle de 1995, sous le prétexte qu’il ne répondait pas aux critères définissant la nationalité ivoirienne. Bédié fut sans surprise réélu sans opposition. Et également sans surprise, il ne tarda pas à être accusé de corruption massive et fut renversé par un coup d’État militaire en 1999.

C’est dans ce contexte de militarisation de la scène politique ivoirienne que Laurent Gbagbo émerge comme principale figure de l’opposition. Lorsque le général Robert Guéi organise un simulacre de scrutin présidentiel en 2000, dont il se proclame vainqueur, un soulèvement populaire le dépose et porte Gbagbo au pouvoir.

En 2002, une rébellion militaire aboutit à la scission de la Côte d’Ivoire en deux parties distinctes, avec le Sud contrôlé par le gouvernement Gbagbo et le Nord par les rebelles favorables à Ouattara, et l’armée française campée entre les deux.