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Un succès papal

LONDRES – A la grande surprise des médias – tant du Royaume-Uni que de l’étranger – la visite du Pape Benoît xvi en Grande-Bretagne était des plus réussies. En tant que catholique et responsable nommé par le Premier ministre David Cameron pour superviser le déroulement de la rencontre avec le gouvernement, ma joie était innée. Mais cette visite a également ravi le citoyen en moi qui déteste toute mentalité grégaire.

Les médias ont tendance à changer comme le marché boursier. Il suffit de voir la place publique bourrée de haussiers pour se retrouver KO à cause des baissiers l’instant d’après. Avant cette visite, on nous a raconté que le public d’Angleterre serait au mieux indifférent au pire hostile. Ce cas de figure allait jusqu’à inquiéter le Vatican. Pourtant, dès son arrivée en Ecosse, le Pape s’est vu assailli par une foule de sympathisants, catholiques et non-catholiques confondus.

Je faisais partie du cortège papal qui a emprunté l’autoroute depuis Edimbourg où Benoît xvi a rencontré Elisabeth ii, jusque Glasgow, où il a célébré une messe en plein air. La foule s’était amassée le long de la route. Dès le premier jour, les médias ont compris qu’ils avaient très mal lu dans les pensées du public. Du jour au lendemain ce qui augurait un désastre est devenu un grand succès. Le public venait de détromper ces je-sais-tout de journalistes et le cynisme métropolitain.

La rencontre entre le Pape et les chefs spirituels a démontré que l’idée reçue selon laquelle le public ne peut pas comprendre quelque chose de plus long ou de plus compliqué qu’un clip est erronée. Un jour, un homme politique américain, feu Adlai Stevenson, a déclaré que l’homme moyen (et la femme) en savent largement plus que la moyenne. Les responsables politiques doivent donc traiter leurs électeurs comme des égaux et ne pas leur parler avec condescendance.