0

La survie politique d’Olmert en question

Après qu’Israël ait échoué à remporter une nette victoire contre le Hezbollah au Liban-sud l’été dernier, la pression de l’opinion publique a obligé le gouvernement du Premier ministre Ehud Olmert à nommer une commission chargée d’enquêter sur les causes de cet échec surprenant. Comment une petite milice, composée de quelques milliers de combattants, avait-elle pu survivre à l’assaut de la plus formidable machine militaire du Moyen-Orient ?

La commission, dirigée par l’ancien juge de la Cour suprême Eliahu Winograd, vient de rendre son rapport préliminaire. Ses critiques à l’encontre d’Olmert, du ministre de la Défense Amir Peretz et du Chef d’état-major Dan Halutz – énumérées dans un rapport détaillé et méticuleux de 117 pages – sont dures, mais sans surprises. La Commission Winograd met en lumière ce que la plupart des Israéliens pensaient déjà : Olmert et Peretz n’avaient ni l’expérience militaire, ni l’expérience politique pour affronter une organisation terroriste qui a lancé des raids sur Israël, tué des soldats et kidnappé deux autres, puis lancé des milliers de roquettes sur des cibles civiles pendant plus d’un mois.

De fait, l’inexpérience du Premier ministre et du ministre de la Défense sont sans précédent dans l’histoire de l’État hébreu. Olmert, qui a succédé à Sharon à la tête du parti Kadima, était considéré comme un parlementaire compétent mais sans relief - puis maire de Jérusalem – et mieux connu pour son goût de la polémique que pour son envergure politique.

Pour la plupart des Israéliens, même pour ceux qui l’avaient investi comme héritier de Sharon après le retrait de la bande de Gaza, Olmert reste un Premier ministre par accident. De même Peretz, un syndicaliste provocateur mais efficace, a surpris toute le monde en remportant les primaires pour la présidence du Parti travailliste, puis en choisissant le portefeuille de la Défense plutôt que celui des Finances.