C'est la faute aux banquiers ?

NEW-DELHI – Peu de secteurs de l'activité économique américaine sont aussi politisés que celui du financement immobilier. Pourtant la gauche intellectuelle a fait tout son possible pour dégager de toute responsabilité les régulateurs, les organismes de crédit immobilier semi-publics et les agences comme Fannie Mae et Freddie Mac en ce qui concerne la formation de la bulle immobilière et son éclatement. 

La raison en est claire : si les responsables politiques et les organismes en cause avaient à rendre des comptes, la réforme ne se limiterait plus à surveiller de plus prés les banquiers avides et le montant de leurs primes. Les agences semi-publiques ont-elles contribuées aux errements des acteurs privés ? Peut-on faire confiance aux régulateurs pour faire le compromis voulu entre la stabilité financière et ces agences ? Les banques centrales peuvent-elles être vraiment indépendantes ? L'acceptation inconditionnelle de l'attribution d'un rôle plus important à l'Etat pour domestiquer les marchés soulève une question : ce rôle n'est-il pas une partie du problème, plutôt que sa solution ?

Il a été facile à la gauche de dominer le débat, car la droite intellectuelle s'est largement décrédibilisée en essayant de faire porter au gouvernement toute la responsabilité de la crise. Il est bien plus proche de la vérité de dire que tous - les banquiers, les ménages, les régulateurs et les dirigeants politiques - ont contribué au boom (et en ont revendiqué la paternité) tant qu'il a duré, et se sont ensuite accusés les uns les autres lorsque la bulle a éclaté.

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