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Qui doit être renfloué ?

CAMBRIDGE – Au moment où partout dans le monde, les gouvernements développent des politiques pour répondre aux problèmes posés par l’effondrement des établissements financiers, ceux-ci devraient s’assurer de choisir avec un soin tout particulier les bénéficiaires. Ils devraient en particulier étudier et éviter les erreurs commises dans le cas d’AIG fin 2008.

Un Inspecteur Général Spécial américain a récemment publié un rapport critiquant le gouvernement américain pour n’avoir pas obligé les contreparties d’AIG sur le marché des dérivatifs financiers à assumer une partie du coût du sauvetage de la société. Les renflouages d’établissements en faillite ne devraient jamais obliger les gouvernements à tendre leur filet de sécurité jusque là.

Le renflouage de AIG fut l’un des plus importants de l’histoire, pour lequel le gouvernement américain a injecté plus de 100 milliards de dollars dans la société. Cette intervention fut rendue nécessaire par les énormes pertes d’AIG sur des transactions dérivatives avec des établissements financiers, principalement des acteurs sophistiqués tels Goldman Sachs et l’espagnol Banco Santander.

Le gouvernement a dans un premier temps injecté des fonds en septembre 2009, mais comme les pertes ont continué de s’amonceler, il a rallongé des montants substantiels de capitaux deux mois plus tard. A ce stade, le gouvernement a demandé aux contreparties dérivées de s’imposer une coupe sévère, c’est à dire d’accepter une réduction sur les montants qui leur sont dus. Devant le refus de certains d’entre eux, le gouvernement a cédé et financé l’intégralité des paiements de toutes les obligations dérivatives d’AIG.