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Et maintenant ? Toujours plus d’Europe !

Le rejet du traité constitutionnel de l’Union européenne par les électeurs français et néerlandais nous oblige à réfléchir au delà des implications du traité. C’est ce qui ressort clairement du débat en cours sur le budget de la Communauté. La victoire du Non démontre que les dissensions, liées à la souveraineté des nations, qui s’opposent à toute forme d’union politique européenne quelle qu’elle soit sont en progression. Il semble que les eurosceptiques gagnent du terrain partout, et qu’une certaine forme de xénophobie prend le pas.

La xénophobie et la souveraineté sont pourtant très éloignées de la principale raison qui a motivé les électeurs à voter Non. En France et aux Pays-Bas, ainsi que dans certains pays où le mécontentement croît, tels qu’en Allemagne, les votes Non sont principalement le résultat de l’incapacité des gouvernements nationaux et de l’Union à répondre efficacement aux problèmes qui préoccupent le plus leurs citoyens. Ce ne sont pas seulement les anti-européens qui ont rejeté la constitution, bien loin de là.

De nombreux Européens en appellent à l’Union européenne, en fait, pour réduire le chômage et intervenir de manière décisive dans l’arène internationale. On a souvent interprété les divisions internes de l’Europe sur la guerre en Irak, et ses citoyens qui se sont prononcés en grande majorité contre toute intervention militaire, comme un signe de faiblesse.

Et la réponse face à cette consternation et ces doutes est toujours plus d’Europe, pas moins. Le sommet du Conseil européen qui se tiendra les 16 et 17 juin devra montrer clairement qu’il reconnaît ce besoin.