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Les quatre missions du FMI

BERKELEY – Le Fonds monétaire international (FMI) est l'un des quelques gagnants de la crise économique mondiale. Il y a seulement deux ans, il fonctionnait au ralenti et des gens sérieux appelaient même à sa suppression. Depuis, on fait à nouveau appel à ses prêts. Les pays membres ont décidé de tripler son budget et il a été autorisé à lever des fonds supplémentaires en vendant ses propres obligations. Le FMI bruit maintenant comme une ruche en pleine activité.

Mais la crise ne va pas durer éternellement. Les adversaires du FMI n'ont pas disparu, ils se sont fait temporairement silencieux. Le Fonds alimente leurs critiques en ne définissant pas ses missions. Pourtant, il serait bien inspiré de le faire tant qu'il dispose de la bienveillance de la communauté internationale.

Sa première mission est d'aider les pays qui en raison de problèmes intérieurs font face à une crise de la balance des paiements. Leurs gouvernements n'ont d'autre choix que d'emprunter au Fonds. Pour préserver ses ressources - autrement dit veiller à ce que ses actionnaires rentrent dans leurs fonds – le FMI doit exiger des ajustements douloureux à ses emprunteurs.

Le problème est qu'il donne raison à la rhétorique de ses critiques en acceptant d'uniformiser ses conditions de prêt. Quand l'origine d'une crise tient à des questions de structure, il doit effectivement exiger des changements structuraux en échange de son aide. En paraissant donner raison à ses adversaires sur ce point pour accroître sa popularité et son influence, il crée une confusion inutile.