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La falaise budgétaire américaine : quelle solution ?

BERKELEY – A moins d'un événement inattendu, les réductions d'impôt temporaires décidées aux USA au cours des 12 dernières années arrivent à leur terme le 1° janvier 2013. D'un jour à l'autre, les taux d'imposition vont revenir à leur valeur de l'époque Clinton.

Certaines de ces réductions servaient à combattre ce qui paraissait être il y a quatre ans un ralentissement momentané de l'économie. Bien que ses défenseurs aient voulu les pérenniser, les présenter comme temporaire a permis de contourner les obstacles juridiques introduits par les démocrates dans une vaine tentative de garantir l'équilibre budgétaire.

A l'augmentation des taux d'imposition qui interviendra début janvier, il faut ajouter la réduction automatique du budget de la défense et celle des dépenses intérieures "facultatives", ainsi qu'il en a été convenu par les démocrates et les républicains durant l'été 2011.

Si l'on considère d'un coté les hausses d'impôts et les baisses des dépenses, et de l'autre les dispositions de l'Obamacare (la réforme du système de santé voulue par Obama), le déficit budgétaire structurel de l'Amérique disparaît le 1° janvier 2013. Le rétablissement des anciens taux d'imposition dans le futur prévisible suffira à garantir le budget de la Défense, celui de la protection sociale qui prend de l'envergure, et dans une certaine mesure, même si c'est insuffisant et inadéquat, les dépenses fédérales "facultatives". Le taux de la dette publique par rapport au PIB va alors tomber de sa valeur actuelle de 75% à 50% en 2035. Quant au budget primaire des USA (il n'inclut pas le paiement des intérêts nets de la dette), il sera excédentaire dès 2015.