0

Bienvenue au temps de l'incompétence

Deux scénarios diamétralement opposés sont envisagés pour l'avenir des taux d'intérêt réels dans le monde au cours de la prochaine génération.

Certains prévoient de façon générale des taux d'intérêts bas. Ils mettent en avant l'augmentation rapide de la productivité et de la production potentielle au niveau de l'économie mondiale. De ce point de vue, le problème principal pour les banques centrales ne sera pas de restreindre une demande excessive, mais au contraire de stimuler une demande en deçà du potentiel. Ils font remarquer que les banques centrales les plus importantes - la Federal Reserve, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon - jouissent d'une telle crédibilité à l'égard de l'inflation que les taux d'intérêt ne sont même plus ajustés pour en tenir compte.

Ces adeptes des taux d'intérêt bas soulignent aussi l'évolution de la répartition des revenus aux Etats-Unis, du travail vers le capital, qui a renforcé la capacité des entreprises à financer leurs investissements de façon interne et réduit ainsi leur dépendance vis-à-vis des marchés de capitaux. Ils mentionnent la rapidité des progrès technologiques, qui a augmenté la rentabilité des dépenses d'équipement, anciennes et nouvelles. La concurrence étant forte dans tous les secteurs, ils affirment que l'on peut s'attendre à une génération de prix des actifs relativement élevés et de taux d'intérêt réels relativement bas partout dans le monde.

En revanche, d'autres prévoient de façon générale des taux d'intérêt réels élevés. Ils citent la faiblesse du taux d'épargne aux Etats-Unis, les dépenses importantes entraînées par les contraintes démographiques en Europe, et l'incompétence des gouvernements qui entretiennent des déficits chroniques et mènent des politiques fiscales non viables. Imaginez que la politique fiscale soit déterminée par des gouvernements tous aussi irresponsables que celui de Bush, et pour toujours.