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La croissance, c'est la gauche !

NEW YORK – Tant la gauche que la droite se disent favorables à la croissance économique. Dans ces conditions, les électeurs doivent-ils considérer qu'ils ont simplement à choisir entre deux équipes de gestionnaires ?

Les choses ne sont pas si simples. Le hasard tient un rôle. Dans les années 1990, l'économie américaine a bénéficié d'une énergie peu coûteuse, d'un rythme d'innovation rapide et d'une Chine offrant des produits de qualité de plus en plus nombreux à des prix de plus en plus bas - tout cela combiné avec une inflation faible et un taux de croissance élevé.

Le président Clinton et Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérale, n'y sont pas pour grand chose, mais il est vrai qu'une mauvaise politique aurait pu tout faire dérailler. A l'opposé, les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui – des prix élevés dans le secteur de l'énergie et dans l'alimentation et un système financier en débandade – sont en grande partie le résultat d'une mauvaise politique.

Il y a plusieurs stratégies de croissance et elles débouchent sur des situations très différentes. Tout d'abord, elles sont liées à la manière dont on conçoit la croissance. La croissance n'est pas seulement une question d'augmentation du PIB. Elle doit être durable : une croissance basée sur la dégradation de l'environnement, une consommation sans frein financée par la dette ou l'exploitation de ressources naturelles rares, sans réinvestissement des bénéfices, n'est pas durable.