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Concevoir l'inconcevable en Europe

NEW YORK – Pour résoudre une crise dans laquelle l'impossible est à nos portes, il est nécessaire d'envisager l'inconcevable. Aussi, pour dénouer la crise de la dette souveraine en Europe, il est désormais impératif de préparer l'éventualité d'un défaut de paiement ou d'une sortie de la zone euro de la part de la Grèce, du Portugal, et même de l'Irlande.


Dans un tel scénario, des mesures devront être prises pour empêcher une débâcle financière dans l'ensemble de la zone euro. Les dépôts bancaires doivent d'abord être protégés. La perte du moindre euro déposé dans une banque grecque causée par un défaut de paiement ou une éviction du système monétaire ferait en sorte qu'un euro déposé dans une banque italienne vaudrait immédiatement moins qu'un euro détenu dans une banque d'Allemagne ou aux Pays-Bas, entraînant une ruée bancaire dans les pays déficitaires.

De plus, les opérations des banques des pays sur le point de faire défaut doivent être maintenues afin de prévenir l'effondrement économique. Il faudra en même temps recapitaliser le système bancaire européen et le mettre sous autorité européenne plutôt que nationale. Enfin, il faudra aussi prévoir mettre en quarantaine les titres obligataires émis par les gouvernements des autres pays déficitaires de la zone euro. Les deux dernières exigences s'appliquant même si aucun pays n'est entré en défaut.

Tout ceci coûte de l'argent, pourtant, aucun autre financement n'est prévu dans le cadre des ententes déjà conclues par les responsables nationaux de la zone euro. La création du chaînon manquant est la seule alternative& : un organisme européen doté du pouvoir de lever des impôts et, donc, d'emprunter. Un nouvel accord-cadre est donc requis qui transformerait le mécanisme européen de stabilité financière en une entité de financement à part entière, le Fonds européen de stabilité financière (FESF).