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La guerre contre le terrorisme après l'Irak

par Joseph S. Nye

Les victoires militaires écrasantes des USA en Afghanistan et en Irak risquent de fausser notre jugement sur la guerre contre le terrorisme. Si c'était seulement une affaire d'Etats "voyous", on pourrait considérer qu'elles représentent une avancée. Mais les progrès technologiques permettent à des groupes clandestins ou à des individus de faire main basse sur des moyens de destruction que seul dans le passé un gouvernement ou une armée pouvait acquérir.

Même s'il est impossible d'éliminer totalement les actes terroristes, il devrait être possible de diminuer leur fréquence et leur caractère meurtrier. Il faut utiliser une stratégie diversifiée pour ôter toute légitimité aux attentats contre les civils comme méthode de résolution des conflits et décourager les Etats d'aider ceux qui recourent à de telles méthodes ou de les accueillir sur leur territoire. Il faut également prendre les mesures voulues sur le plan intérieur, empêcher les terroristes d'accéder facilement à des armes de destruction massive et s'attaquer aux causes du terrorisme.

Les actions militaires ne permettent peut-être pas de s'attaquer au coeur du problème, mais elles sont parfois indispensables. Priver Al-Qaïda de son refuge afghan n'était pas suffisant, mais c'était nécessaire. Le nombre d'Etats qui soutiennent le terrorisme a diminué au cours de la dernière décennie. La diplomatie soutenue par la menace d'une action militaire peut encore réduire leur nombre. Certains Etats connaissent un tel chaos qu'il n'est pas possible de les dissuader de protéger les terroristes. Dans ce cas une aide militaire pourrait être la bonne réponse ; dans d'autres cas une intervention peut se révéler nécessaire.