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La montée du Consensus de Pékin

BRUXELLES – Le premier déplacement officiel du président Barack Obama hors de l'Amérique du Nord (à Londres, à Strasbourg, à Prague et à Istanbul) a retenu l'attention de la planète. Mais il  n'a pas permis de masquer un fait étonnant : le ampquot;Consensus de Washingtonampquot; sur l'organisation de l'économie mondiale appartient au passé. La question est maintenant de savoir ce qui va le remplacer.

Même si l'on dit souvent que le rayonnement de la Chine est limité, ses idées en matière d'économie et de gouvernance font de plus en plus souvent mouche. Recherchant la stabilité économique intérieure, le gouvernement d'Obama évolue vers le type d'intervention qui a la faveur de la Chine depuis 20 ans.  

Dans ce modèle, le gouvernement, tout en continuant à tirer bénéfice des marchés internationaux, garde le contrôle de l'économie par une surveillance stricte du secteur financier, une politique de dépense restrictive, le pilotage de la recherche et du développement dans le secteur de l'énergie et une limitation sélective de l'importation des biens et services. Tous ces éléments du plan de sauvetage chinois se retrouvent dans le plan de stimulation économique d'Obama.

La Chine est manifestement satisfaite de voir maintenant les USA donner la priorité à de froids calculs d'intérêts nationaux en politique étrangère. ampquot;En améliorant la vie des gens sur le terrain, on doit se préoccuper davantage de la substance que de la formeampquot;, a déclaré Obama dans une interview peu avant le début de son mandat. Plutôt que d'être obsédé par les élections chez les autres, les USA cherchent maintenant à construire des alliances pragmatiques pour répondre à leurs besoins en terme d'économie. Cela passe par des arrangements avec la Chine et les Etats autocratiques du Golfe – les principaux prêteurs du Trésor américain – et une collaboration avec l'Iran et la Russie, afin de limiter le coût des guerres en Afghanistan et en Irak.